Texte sur le corps

Corps à corps, le nez contre la toile, les yeux sur le modèle, le coeur entier et les mains qui frémissent et papillonnent, suivant son instinct, Ludivine, écoute sa douleur, son bonheur, son mal être, sa joie de vivre, tout ce qui la complète.

Les corps peints et dessinés deviennent un double d'elle-même, elle se raconte une histoire, comme un enfant qui joue, ces poupées de chair deviennent vivantes, et deviennent un livre ouvert sans mode d'emploi ni introduction...

Le graphisme dur ou très doux, sûr et glissant, vif et précis, déterminé ou timide, une patte spontanée ; Ludivine se laisse envelopper par tous ces corps qui l'habitent au plus profond d'elle.

Corps d'amour, de colère, d'interrogation, de joie, le trait se dessine de lui-même comme dans une transe, Ludivine danse autour de ces modèles, poussé par un besoin incontrôlable brûlant de se les approprier...